Dans un communiqué publié le 30 septembre, l'ONG Portes Ouvertes a révélé l'attaque dont a été victime un village chrétien dans le nord du Bangladesh, en août dernier.
Cet été, un homme d'affaires de confession musulmane a été retrouvé sans vie près d'un village chrétien dans le nord du Bangladesh. Les croyants ont alors été accusés d'être impliqués dans ce crime et les habitants d'une localité musulmane voisine s'en sont pris à eux le 12 août, rapporte l'ONG Portes Ouvertes dans un communiqué publié le 30 septembre.
Une foule a vandalisé et pillé plusieurs maisons chrétiennes, le 12 août dernier. De nombreux objets de valeur, des meubles et des affaires personnelles ont également été volés, indique l'ONG. Des responsables d'églises locales ont ainsi apporté une aide d'urgence aux villageois avec entre autre de la nourriture, du savon et des produits essentiels.
Dans le cadre de l'enquête sur la mort de l'homme d'affaires, dix-neuf chrétiens ont été arrêtés et quatorze ont été relâchés. Les responsables d'églises de la région demandent aux villageois et aux autorités de ne pas accuser "collectivement" tout un village.
"Nous prions pour la paix et nous exprimons aussi notre sympathie à la famille de l’homme d’affaires qui a perdu la vie. Mais des villageois chrétiens innocents ne doivent pas être inquiétés ni accusés collectivement pour quelque chose qu’ils n’ont pas fait. Nous espérons que les autorités mèneront une enquête impartiale, identifieront les vrais responsables et garantiront à tous la même protection et la même justice."
Le 18 août, des jeunes et des étudiants autochtones se sont rendus à Dhaka, la capitale du pays, pour réclamer une enquête judiciaire impartiale, conclut l'organisation qui affirme suivre la situation de près. Aujourd'hui encore, ces familles chrétiennes vivent dans la peur et se demandent si une nouvelle attaque pourrait avoir lieu.
Le Bangladesh est classé 33e dans l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 de l'ONG Portes Ouvertes. Dans le pays, les églises qui partagent leur foi "sont persécutées, mais même les Églises historiques, moins prosélytes, font face à une hostilité accrue".
"Les convertis issus de tous horizons religieux (musulman, hindou, bouddhiste et tribal) endurent les discriminations et les attaques les plus sévères. Ils se réunissent souvent en petites églises de maison ou en groupes clandestins."
Mélanie Boukorras